1996-1998
AFDL
Camps de réfugiés hutu du Nord-Kivu, Rugari, Rutshuru-centre, Tingi-Tingi.
Histoire du GENOCOST
Depuis plus de trois décennies, la République Démocratique du Congo est marquée par des conflits armés d'une intensité exceptionnelle. Le terme GENOCOST désigne le lien structurel entre crimes de masse et gains économiques.
Contexte historique
Cette histoire trouve son origine dans les suites du génocide des Tutsi perpétré au Rwanda en 1994. Environ deux millions de réfugiés hutu rwandais franchissent alors la frontière et s'installent dans des camps de l'Est du Congo, aux abords de Goma et de Bukavu.
À partir de 1996, sous couvert de l'AFDL, des opérations militaires visent directement ces populations réfugiées, avec bombardements de camps, exécutions ciblées et obstruction délibérée de l'aide humanitaire. Les phases suivantes, sous d'autres sigles, révèlent une continuité de violences contre des localités entières.
Le GENOCOST nomme cette articulation entre élimination de populations, contrôle de territoires stratégiques et convoitise des ressources naturelles exceptionnelles du sous-sol congolais.
Phases historiques
1996-1998
Camps de réfugiés hutu du Nord-Kivu, Rugari, Rutshuru-centre, Tingi-Tingi.
1998-2003
Kasika, Makobola II, Katogota, Mwenga, Kamituga et Kalima.
2006-2009
Kiwandja et Shalio, territoire de Rutshuru.
2012-2013
Bunagana, Masisi, Goma, Sake, Buramba et Kitshanga.
Depuis 2021
Kishishe, Kazaroho, Bukombo, Mweso, Nyindo, Binza et Bwisha.
L'effet régional du génocide des Tutsi au Rwanda en 1994 et l'afflux massif de réfugiés vers l'Est du Zaïre.
La convoitise des ressources naturelles, notamment l'or, le coltan, le cobalt, les diamants et les terres rares.
Une stratégie de contrôle territorial durable sans annexion formelle.
Une logique de dépeuplement puis de repeuplement de zones stratégiques.
L'instrumentalisation de groupes armés successifs sous des sigles différents.
Pertes humaines et destructions massives dans le Nord-Kivu, le Sud-Kivu et le Maniema.
Déplacements forcés et fragilisation durable des structures familiales, sociales et économiques.
Violences sexuelles systématiques et traumatismes psychosociaux profonds.
Destruction du tissu communautaire, des lieux de culte, des autorités traditionnelles et des moyens de subsistance.
Effacement démographique de groupes ciblés et persistance d'une impunité ressentie par les victimes.
Nécessité de politiques publiques de réparation, de reconnaissance et de mémorialisation.
Sources
Le travail de mémoire s'appuie sur des textes juridiques, des rapports internationaux, des enquêtes de terrain et des sources documentaires.
Rapport Mapping du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme, 2010.
Rapports du Groupe d'experts des Nations Unies sur la RDC.
Loi n°22/065 du 26 décembre 2022.
Convention du 9 décembre 1948 pour la prévention et la répression du crime de génocide.
Statut de Rome de la Cour pénale internationale.
Peace Agreement entre la RDC et le Rwanda, 27 juin 2025.